Les neurosciences citées comme témoins

Publié le par Franck Cellier

Jusqu'à présent, les juges se sont appuyés sur l'état des connaissances en psychologie pour estimer à quel point un accusé est responsable de ses actes. Pourtant, ces derniers mois, les neurosciences ébranlent les certitudes. Il apparaît que les impulsions électriques stimulés par les neurones peuvent conduire certains individus à des comportements inconscients. Aussi les images de scanners de cerveaux font désormais irruptions dans les cours de justice américaines.

A New-York, le neuroscientifique Joseph Zu a exposé le tableau comparatif du cerveau d'une personne normal et de celui de Peter Braunstein pour démontrer que ce dernier souffrait de schizophrénie lorsque, déguisé en pompier, il a kidnappé et torturé une femme. Des scans figuraient également dans le dossier de la Cour Suprême concernant l'application de la peine de mort pour les moins de 18 ans. Devant un tribunal de Floride, les avocats de John Couey, kidnappeur et meurtrier d'une fille de 9 ans, ont également fait appel à l'imagerie médicale pour expliquer que leur client présentait une asymétrie des lobes frontaux qui l'aurait empêché de retenir ses impulsions sexuelles. Enfin, à Montgomery dans le Missouri, c'est encore avec des scans que les avocats d'un assassin qui avait étouffé une femme enceinte pour lui voler son bébé à l'aide d'un couteau, ont tenté de prouver son irresponsabilité.

Dans tous ces cas, les juges n'ont pas retenu les preuves des neurosciences pour se prononcer. Parce que, comme le signale le professeur en droit, Stephen Morse, ils ne se résignent pas à considérer que le cerveau humain se résume à une machine. Mais il est évident que les neurosciences ne feront qu'accroître leur impact sur le système judiciaire américain.

Publié dans Faits divers

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