Si ça te plaît pas, j'te flingue à la récré

Publié le par Franck Cellier

Les adolescents se battent à coups de feu plutôt qu'à coup de poings. L'homicide est devenu la deuxième cause de décès chez les 10-24 ans.

Les autorités ont été obligées de mettre en place cette semaine l'opération "passage libre" pour permettre à 120 élèves du lycée technique de Crane dans un quartier excentré de Chicago de se rendre en cours en toute sécurité. Depuis le 7 mars, la plupart des lycéens préféraient rester chez eux après que le membre d'une bande de voyous du quartier avait abattu un étudiant juste parce qu'il vivait sur le territoire d'un gang rival.
Alors que la cour suprême des Etats-Unis doit se prononcer dans quelques semaines sur la validité de l'article constitutionnel qui autorise chaque Américain à posséder une arme à feu, cette opération souligne une fois encore l'ampleur de la crise. En effet, sans la manifestation orchestrée par les parents d'élèves pour pacifier l'environnement scolaire, les journaux n'auraient sans doute pas ressorti de leurs archives les chiffres sur les dégâts provoqués par les revolvers. Ils sont effarants.

On apprend ainsi que depuis la rentré scolaire de septembre dernier, 20 élèves des écoles publiques de Chicago ont été tués, dont 18 par arme à feu. L'année n'est pas fini et il est encore possible de battre le désastreux record de l'année dernière pendant laquelle, plus de 30 étudiants avaient été tués dont 24 par armes à feu. Au niveau national, l'homicide est devenue la seconde cause de mortalité pour la population âgée entre 10 et 24 ans. Et 81% des victimes ont été abattues par une arme à feu.
Les responsables en charge des écoles ne peuvent que constater l'aggravation de la situation avec une multiplication par deux ou trois du nombre des victimes en quelques années même si les meurtres se passent rarement dans l'enceinte des établissements scolaires. Les écoles sont d'ailleurs considérées par les élèves comme les seuls endroit où ils se sentent en sécurité grâce aux détecteurs de métal placés aux entrées et à la présence des vigiles où policiers.
Que l'on veuille un état policier ou non, il a bien fallu en arriver là maintenant que les bagarres de lycéens se règles à coups de feu plutôt qu'à coups de poings. Le maire de Chicago, Richard M. Daley, vient d'autoriser la police à accéder de manière permanente aux images des quelque 4 500 caméras de sécurités installées à l'intérieur et aux abords des écoles.



Une vidéo (en anglais) traite de ce sujet sur le site web du Chicago-Tribune:

Présentation de l'opération "passage libre" et commentaires d'étudiants et parents.



20 morts à Chicago, 6 à Indianapolis

La crise des violences contre les enfants n'est pas aussi aiguë à Indianapolis, il n'empêche que les chiffres officiels montrent que six élèves y ont été tués depuis septembre.
Le 8 février, Karissa Hitching, 8 ans, été tuée d'un coup de révolver alors qu'elle était chez elle.
Le 1er février, Rodney Woods, 17 ans, a été poignardé par son demi-frère alors qu'ils se bagarraient à leur domicile.
Le 30 janvier, Jordan Johnson, 8 ans, a été abattu d'un coup de feu par son père qui s'est ensuite suicidé.
Le 16 septembre, Demonte Norton, 10 ans, et Rodney Anderson, 16 ans, ont été poignardés chez eux.
Le 11 septembre, Ramirez L. Smith, 15 ans, a été abattu pendant une bagarre.


Lire d'autres articles relatifs à la violence scolaire et aux armes à feu:

Vendredi 15 février 2008



Publié dans Actualité

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le père Droopy 07/04/2008 09:33

Bravo et encore bravo pour l'humour et ...
"Là aussi pas compris:
Vous verrez deux arbres se battent pour un chien.
Les deux arbres ne se disputeraient-ils pas le précieux pipi rafraichissant!"

Franck Cellier 08/04/2008 03:03


Mais oui, je ne vois pas d'autres explications. Toutes ces petites caractéristiques de l'Arizona viennent d'une bloggueuse de là bas.