"Exciting". Le mot était dans toutes les bouches, que l'on soit un vieux rat des bureaux de vote ou un bleu de la politique. Bleu comme la couleur
d'Obama bien sûr.
Jackie Nytes, démocrate de la première heure, élue et activistes de son quartier, a beau soutenir Hillary, elle ne cache pas son admiration pour "cette énergie nouvelle" générée par la candidature
du sénateur de l'Illinois. Aux principaux carrefours d'Indianapolis et à l'entrée des grands magasins, de jeunes "volontaires" incitent les gens à aller voter. Le rallye de la veille a fait vibrer
un centre-ville peu habitué à de telles affluences. Il y avait plus de monde que pour les Colts, l'équipe de football américain, "championne du monde" l'an dernier.
Une sénatrice à la retraite ne se souvient pas avoir vécu un scrutin plus passionnant. Dans le bureau de vote de l'université Butler, un assesseur ne cesse de raconter comment il est devenu
mondialement célèbre quelques heures auparavant. "Personne ne s'y attendait, ce matin, Barack Obama est venu visiter notre bureau et j'ai échangé quelques mots avec lui devant toutes les caméras de
télé, CNN, CBS, Aljazira... Il y avait même une télé japonaise". Les yeux du vieux militant brillent de plaisir. D'habitude rien n'est plus ennuyeux qu'un jour de primaire dans l'Indiana.
L'engouement n'est pas seulement le fait du suspense entretenu bien plus longtemps que les autres années. Jackie Nytes reconnaît volontiers l'effet Obama dans son quartier: "Avant seuls les parents
votaient. Aujourd'hui, les trois générations d'une même famille ont rempli leur bulletin. Il faut que nous réfléchissions à la manière d'entretenir ce mouvement l'année prochaine".
Il n'empêche que, selon les résultats disponibles à 22h00, Hillary Clinton l'a emporté avec environ 52% des voix sur l'ensemble de l'Indiana grâce en particulier au poids de l'électorat âgé et
rural des districts du sud. Cependant sa lourde défaite en Caroline du Nord, le même jour, pourrait bien pousser l'épouse de l'ex-président à jeter l'éponge.