L'une des villes les plus polluantes du monde

Publié le par Franck Cellier

A première vue, personne ne penserait qu'Indianapolis est l'une des cités les plus sales de la planète. Ce n'est pas tant qu'elle est polluée. Mais elle est polluante.

La Brookings Institution de Washington vient de classer les villes américaines en fonction de leur impact sur le réchauffement climatique et Indianapolis arrive en seconde position derrière sa voisine du Kentucky, Lexington. Les bons élèves de la classe sont Honolulu, Los Angeles, New-York...
Le résultat peut surprendre car Indianapolis apparaît paradoxalement comme une ville verte: une vaste et clairsemée forêt entoure les gratte-ciel du centre-ville. D'immenses terrains de golf et autres parcs séparent les différents quartiers. Mais les données retenue par les auteurs de l'étude, Marilyn Brown et son mari Frank Southworth, s'intéressent à la quantité de carbone émise dans l'atmosphère par habitant. Aussi, le mode de vie des habitants d'Indianapolis apparaît comme le plus polluant de la planète.
Sur qu'il est intéressant de rouler en 4x4 au milieu des paysages champêtres alentours. Mais l'empreinte que laisse le Land Rover dans la boue est à la mesure de la trace sombre qu'il laisse sur le testament écologique de notre génération: flagrante, dégueulasse, presque ineffaçable.


En plus de son urbanisme égoïste où chaque individu fait valoir son droit à l'espace, Indianapolis se caractérise par son rude climat du Midwest: très froid l'hiver et très chaud l'été. Ce qui fait que le compteur électrique tourne toujours à grande vitesse dans les maisons, soit pour chauffer, soit pour climatiser. La ville des 500 miles a évidemment favorisé la voiture individuelle par rapport au transport collectfif. Cinq autoroutes traversent la ville. "Nous avons le plus misérable système de transport collectif des villes de notre taille", déplore Kerwin Olson, directeur de la Coalition d'actions citoyennes de l'Indiana.
Pour couronner le tout, la principale centrale électrique tourne au charbon: "C'est pas cher (l'électricité coûte 20% moins cher à Indianapolis que dans le reste du pays), mais qu'est ce que ça pue...", comme ne le disent pas les étonnantes pubs qui apparaissent actuellement sur cette source d'énergie présentée comme celle du futur.
Ben voyon, avec le prix de l'essence qui augmente, il faut bien chercher autre chose même si le slogan des publicitaires, "de l'énergie pour les 60 ans à venir", fait doucement rigoler en matière d'anticipation. Il est vrai que les Américains, adeptes du profit immédiat, sont peu habitués à réfléchir sur le long terme.
En plus le New-York Times de ce matin nous apprend que tous les politiciens du pays souhaitent encourager les innovations pour un charbon propre. C'est-à-dire des dispositifs permettant aux centrales d'injecter leurs émanation dans le sous-sol. Hélas, poussés par la course à la production d'une énergie à bas prix, les industriels zappent tous les travaux en la matière et les centrales à charbon qui se construisent aujourd'hui continuent à balancer leur fumée crasseuse du haut de leur grande cheminée. Allez, va, dans soixante ans on n'en parlera plus...


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