Le blues des Mexicains

Publié le par Franck Cellier

Les projecteurs éclairant le visage généreux du triomphant Barack Obama laissent dans l'ombre le visage moins sympathique de l'Amérique.

Premièrement, le premier président noir des Etats-Unis est encore loin de son accomplissement et chacun redoute ou attend le réveil de l'Amérique conservatrice d'ici les élections générales de novembre. Deuxièmement, alors que tous les candidats ont jusqu'alors affirmé leur soutien plus ou moins prudent à la limitation de l'immigration, les réglementations n'ont cessé de se renforcer pour tenir l'étranger en dehors des frontières.
Récession économique oblige, l'Américain moyen, qui ne diffère pas du beauf moyen de la Côte d'Azur, se persuade que la femme de ménage mexicaine et son mari manoeuvre sont en train de lui voler son travail et ses richesses. Comme les lois fédérales ne semblent pas suffire à rassurer l'autochtone, les Etats ont individuellement multiplié les textes qui, sans oser l'afficher, n'ont d'autres but que de traquer l'étranger.
Et cette année électorale ne fait qu'accentuer le phénomène. Dans l'Indiana, on dit vouloir lutter contre le travail illégal, les sénateurs les plus cyniques vont même jusqu'à prétendre que c'est pour le bien de l'immigré exploité qu'ils veulent l'expulser. Dans l'Iowa, on vérifie la conformité des papiers. En Georgie, on traque les pêcheurs sans permis... Comme par hasard, ce sont à chaque fois les Mexicains qui sont contrôlés.
 L'année dernière, tous les Etats confondus ont adopté 240 nouvelles lois relatives à l'immigration, soit trois fois plus que l'année précédente. Un peu partout, les services de police se sont organisés pour accentuer leur action en la matière.
Le New-York Times s'est penché sur le cas de la petite ville de Santa Rosa en Floride où la population mexicaine est d'environ 3,6% soit presque rien. Mais nombre d'habitants se sont plaint d'entendre parler espagnol à l'hypermarché  Wal-Mart ou de voir les files de Mexicains au guichet de la Western Union. Peu importe si la plupart des ses immigrants ont aidé à la reconstruction de la région après le passage du cyclone Yvan en 2004.
Aussi, au cours des premiers mois de cette année, le shérif, Wendell Hall, a multiplié les descentes dans les restaurants et exploitations agricoles employant les Mexicains par dizaines. La chasse, qui ne veut pas dire son nom, a été bonne puisque l'église hispanique du coin a perdu les deux tiers de ses fidèles. Mêmes les familles légales ont commencé à plier bagages, fatigués d'être traquées mais aussi d'être incapables de déposer plaintes lorsqu'elles sont victimes d'abus ou de vols.

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Arno 10/06/2008 05:43

Bonjour,

Merci pour cet article et ton blog, ca fait du bien d'avoir des vraies news ;-)

Perso je suis pr Obama, plus je le decouvre,plus il me parrait etre le mieux pr les USA et le monde entier, car c une des seules elections nationales qui influe sur toute la planete !!

Je mets ton site ds mes favoris et viendrais voir de temps en temps

Bonne journée !

Franck Cellier 10/06/2008 17:49


Sympas tes commentaires. Je crois aussi que si Obama passe, ça peut changer quelque chose.