L'inaliénable droit de flinguer

Publié le par Franck Cellier

Sans surprise, la cour suprême des Etats-Unis a donné raison aux partisans des armes à feu en confirmant jeudi que tout citoyen américain a le droit de posséder une arme.

Après
quatre mois de débat, le vigile Dick Anthony Heller, dans le district de Columbia, se voit donc autorisé à ramener son flingue chez lui. Espérons pour lui qu'il ne connaîtra pas le même drame que l'un des ses collègues dont le fils avait tué sa petite soeur en jouant avec le pistolet de papa...
La cour suprême a estimé que la cour de Columbia ne pouvait pas priver les citoyens de sa juridiction du droit de posséder une arme par son interprétation restrictive du deuxième amendement de la Constitution des USA. Les juges de Columbia, comme la plupart des opposants aux flingues, estimaient que la loi fondamentale n'autorisait la possession d'une arme qu'aux seules "milices". Car le deuxième amendement dit: "A well regulated militia, being necessary to the security of a free state, the right of the people to keep and bear arms, shall not be infringed.” (Etant donnée la nécessité d'un bonne milice régulière pour la sécurité d'un Etat libre, le droit pour chaque citoyen de posséder des armes ne peut pas être remis en question).
Les juristes ont donc longuement discuté autour de la signification de ce texte quasi sacré pour conclure qu'avec ou sans référence à la nécessité d'une milice, tout citoyen a le droit de se prendre pour John Wayne. En revanche les juges se sont interdits de se demander si ce fameux deuxième amendement ne relevait pas tout simplement de l'anachronisme.
En cette saison électorale, il n'y avait de toute façon aucune raison pour qu'ils s'engagent plus franchement dans un débat aussi sensible. Les deux candidats sont en effets favorables au droit de posséder une arme. John McCain parce qu'il l'a toujours dit: "c'est une victoire remarquable pour le second amendement et elle met fin pour toujours à l'argument spécieux qui prétend que le second amendement ne confère par le droit à chaque individu d'avoir une arme".
Barack Obama s'est félicité lui aussi avec un soupçon de mauvaise conscience quand même en parlant d'"un droit pour les communautés locales de préserver la sécurité de leurs rues même si ce doit est non absolu et sujet à des régulations raisonnables". Quand on veut investir le bureau ovale, il faut aussi savoir poser un mouchoir sur ses idéaux et préserver l'électorat rural accroc de la gâchette.


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Samedi 12 avril 2008

Publié dans Actualité

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